anthony

Il est, pour moi, souvent plus difficile de photographier un ami qu’un inconnu. L’inconnu ne connait pas mes émotions, il n’attend rien de moi, ni de la relation naissante. L’inconnu est dans l’instant, nu, cru, brut. La relation se crée au travers de l’appareil photo, presque par l’appareil photo. A ce moment précis je consomme malgré moi l’image de l’autre. L’inconnu a cela de rassurant, il vit l’instant, ni taché des souvenirs passés ni fantasmé des moments futurs.

Photographier un ami, c’est aller plus loin dans la relation. C’est pénétrer dans l’intimité de cet autre qu’on aime. Tout en y laissant un part de soi. La photographie n’est pas un acte si anodin, elle est synonyme de partage, du pudeur, d’envie, de désir.

J’ai rencontré Anthony il y a quelques années pour mon projet “The Tattoorialist”.  Discret, authentique, pudique, il se livre peu, je l’apprécie pour ça. Tatoué pour lui, sans désir de démonstration, il vit ces moments emprunts de souffrance avec une incroyable force. Je l’admire. Mois après mois il avance dans l’écriture de son corps, choisissant précisément les artistes qui marqueront à jamais sa peau. 

Pour un photographe, certaines rencontres s’impriment profondément …

anthony