Perdu sur les trottoirs de Williamsburg, au coeur du quartier juif, je me crois au milieu d’un film des années 70. Tout est resté intact, comme si toutes mes années n’avaient pas existé. Au détour d’un tunnel, je croise le soleil couchant, rasant et léchant les éléments, les gens de sa douce lumière. Il y a une frontière entre le jour et la nuit, entre mon chemin et le sien, une rue nous sépare, un gouffre entre nous.  J’avance vers la lumière et lui s’enfonce dans l’obscurité. Clac, je déclenche, souris, je ne regarde même pas le résultat, tout est gravé dans ma rétine, cette persistance d’une image qui n’aurait pu exister sans le concours du soleil et de son jeu mutin !